Le débat puis la censure de la publicioté reprenat "la Cène"

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1- article publié par "les echos.fr" le 8 février 2005
2-"La Cène" : l'affiche reste interdite le Nouvel Obs 9 avril 2005
3- le commentaire du blog  : http://jeanyves.over-blog.com/

1- article publié par "les echos.fr" le 8 février 2005

Pierre a la cheville gracile et un joli pied cambré. Mathieu laisse entrevoir un ravissant soutien-gorge en dentelle à travers son décolleté profond. Simon porte un pantalon en daim sexy moulant et une tunique en soie ultra-tendance. Leurs jambes parfaitement épilées s'entremêlent sous la table. Judas a un beau profil slave qui se détache sur l'épaule nue et luisante d'un homme vu de dos. C'est le seul élément masculin de cette étrange « Cène » version « hippie-chic », conçue par la photographe italienne Brigitte Niedermair pour la dernière campagne des stylistes français Marithé et François Girbaud, et... immédiatement interdite d'affichage par décision du conseil municipal de Milan.
 
On ne badine pas avec « La Cène » de Léonard de Vinci ! Que l'Américain Dan Brown ait brodé sur le mariage du Christ avec Marie-Madeleine dans son « Da Vinci Code » passe encore. Mais qu'un styliste français s'empare du trésor du Cenacolo de Santa Maria Delle Grazie à des fins purement commerciales commence à titiller les ciseaux de l'Istituto di Autodisciplina pubblicitaria (IAP). Certes, la scène reproduit, presque scrupuleusement, l'attitude de chacun des douze disciples de Jésus représentés par Léonard de Vinci dans son « dernier repas ». A la différence près que les apôtres sont tous devenus de ravissants mannequins et qu'une jeune femme diaphane a pris la place du Christ. Pour le gendarme de la publicité, une telle « parodie de l'institution de l'eucharistie » ne peut être reprise sans que « les convictions religieuses d'au moins une partie de la population, qu'elle soit grande ou petite, n'en soient offensées ». Sans compter que la présence d'un buste masculin, embrassé par une femme-apôtre, ne fait qu'« augmenter le caractère offensif de l'imitation, tout comme l'utilisation parfaitement gratuite des symboles chrétiens, tels que la colombe, le calice et l'attitude des mains du Christ-femme ».

Quatorze ans après l'interdiction de la campagne d'Oliviero Toscani pour Benetton, où un prêtre en soutane donnait un baiser à une religieuse en cornette, le couperet est tombé. Pas de Cène au féminin sur les murs de Milan. François Girbaud a beau protester en invoquant sa « vision alternative en réponse à un monde macho » et l'hypothèse de Dan Brown sur la présence de Marie-Madeleine au dernier souper, la presse italienne ne s'offusque guère de la décision de l'organe disciplinaire. Il n'aurait plus manqué que l'index de Simon ne soit pas un index.

PIERRE DE GASQUET (À MILAN)

2-"La Cène" : l'affiche reste interdite

NOUVELOBS.COM | 09.04.05 | 16:18

La cour d'appel de Paris a confirmé l'interdiction de l'affiche de la campagne publicitaire des créateurs de vêtements Marithé & François Girbaud, inspirée de "La Cène" de Léonard de Vinci, au motif qu'elle heurte le sentiment religieux des catholiques.

La cour d'appel de Paris a confirmé vendredi 8 avril l'interdiction de l'affiche de la campagne publicitairedes créateurs de vêtements Marithé & François Girbaud, inspirée de "La Cène" de Léonard de Vinci, au motif qu'elle heurte le sentiment religieux des catholiques.

Le 31 mars dernier, l'avocate générale Brigitte Gizardin avait pourtant demandé à la cour de lever cette interdiction prononcée le 10 mars dernier par le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris. Elle avait estimé que l'affiche, qui s'inspire de "La Cène" du maître italien Léonard de Vinci, ne revêt "aucun caractère pornographique ou érotique".

Une seule affiche

Une seule affiche de cette campagne publicitaire se trouvait sur une bâche de ravalement sur un immeuble de l'avenue Charles-de-Gaulle à Neuilly-sur-Seine. Elle a été enlevée le lendemain de l'ordonnance de référé.
"L'affiche critiquée constitue dans son ensemble une violation manifeste de l'esprit de tolérance qui doit caractériser, au même titre que la liberté d'expression, une société démocratique", avait noté le juge des référés qui avait été saisi par la Conférence des évêques de France.
Leur avocat, Me Thierry Massis, s'est dit "très content" de cet arrêt qui confirme "l'atteinte à la symbolique de la foi" des catholiques. "Il y a une ligne de jurisprudence qui est maintenant tracée", s'est-il félicité.
De son côté, Me Bernard Cahen, avocat de la société GIP dont dépend Marithé et François Girbaud, a indiqué qu'un pourvoi en cassation était "envisagé".
"Les motivations de l'arrêt sont encore plus raides que celles de l'ordonnance de référé", a-t-il déploré, estimant par ailleurs qu'il aurait été souhaitable que la cour rende sa décision un autre jour. "Le président de la cour aurait mieux fait d'attendre huit jours parce que là on a un peu l'impression que ça s'entrechoque avec la mort du pape", a souligné Me Cahen. (avec AP)

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La Cène revue par l'agence publicitaire AIR  pour la société Marithé et François Girbaud
En France, à Nantes, un recadrage a été exigé pour les bus. On voit désormais uniquement la fille au centre - le Christ donc... Alors que le quotidien régional «Ouest France» a rejeté la publicité de ses pages. Sans appel.« L'idée n'était pas de choquer, mais de tout reprendre de zéro... Deux mille cinq ans pour arriver à Bush, c'est trop grave. Face au machisme ambiant, on peut se demander comment serait l'humanité si les apôtres avaient été des femmes », explique Tho Van Tran, le directeur de création de l'agence Air. « On voit toujours des femmes nues. Cette fois, à la place de Marie-Madeleine, pose un homme aux fesses sublimes. »